Chapitre 7: Cette sorte d'histoireÀ toi, 30 juillet 2009
Ta ville vient vite alors que les pointillés jaunes défilent et me côtoient. Après quelques kilomètres, j'arrive chez toi, enfin. La 13 va si vite quand t'es là. T'es pas vraiment présent, seulement qu'un petit nuage retenu par le toit de la voiture. Enfin, j'y suis, le temps se laisse conduire sur la banquette arrière toute la journée. Quarante-six minutes semblent cinq. J'suis pas tellement arrangé, j'ai pas vraiment pris la peine. Comme j'ai pas pris la peine de te voir arriver et défaire tes bagages chez moi. Dans ma tête.
J'suis triste de te laisser comme ça.
Sur ta faim.
Comme un bon livre qu'on aurait
Simplement perdu la fin.
C'est ça cette sorte d'histoire avec toi.
Tous les panneaux ne me disent rien, comme tous les autres gars. Je roule seulement pour retrouver une ville. Des fois je me perds, roulant jusqu'aux douanes. Mais je trouve toujours et dans tes bras, enveloppé de ton odeur, j'en suis persuadé. Mais une fois ton corps loin, t'es comme un mauvais détour. Je sais plus, c'est comme si tu perds de ta beauté au fur et à mesure que la voiture s'approche de chez moi. Mais pour tout suite, je continue vers chez toi encore, le pourquoi je ne connais pas. Je me fais simplement porter par la 132.
Mais
Je continuerais sur ce chemin.
Si seulement je savais que je trouverais plus que rien.
Je voulais te dire quelque chose.
Mais.
C'est ça cette sorte d'histoire avec toi.
J'ai souvent arrêté, trouver un oreiller. Te trouver toi sur cet oreiller, avant de continuer. Mais comme un vrai voyageur, les paysages changeaient et souvent à la fin de la journée redevenaient miens. Mais ce jour là, en revenant j'entends cette chanson, A sorta fairytale. Le ciel est clair, mais y'a eu quelque chose dans l'air. Au volant, je me fis plus confiance, jte jure. Doit avoir rapport avec cette route ouverte de questionnement que tu me lègues à chacune de tes rencontres. Et toi. Que je ne connais pas. And i was talking to you, And i knew then it would be, A life long thing But i didn't know that we We could break a silver lining. Ouin c'est ça... En écoutant ce passage, je me suis dis que ça ne pourrait jamais s'écrire pour nous deux.
J'suis triste de te laisser comme ça.
Sur ta faim.
Comme un bon livre qu'on aurait
Simplement perdu la fin.
C'est ça cette sorte d'histoire avec toi.
Comme un bon roman, je peux pas te trouver le passage que j'ai moins aimé. Après tout, tu as été celui où tout commença. Mais c'est peut être simplement ton écriture qui ne me convenait pas. Elle m'était peut-être étrangère. Habitant si près de New-York, c'est peut-être aussi une question de langue. Je suis pas capable de voir cette grande ville. Et c'est pour ça que je n'ai pas continué. Je n'en ai aucun souvenir. Ce jour-là, beau et chaud, je repars de chez toi. J'embarque une fois de plus hors de la rive-sud. Je me sens comme un imposteur, t'as pas idée. Deux routes me conduisent et j'en peux plus. Comme cette histoire là. Je ne peux plus rien mettre à l'ordre. C'est plus fort que moi désolé.
Oui, je me ferais pardonner
Je reviendrais
Oui, je t'aurais conduis chez moi, je t'aurais fais tout voir
Je passerais tous les ponts, les eaux
J'tai perdu.
Jt'ai confondus.
Mais maintenant y'a quelqu'un d'autre
J'suis désolé,
Je sais que c'est pas assez...
Sur la 132, en cette belle journée, je m'en retourne avec la curieuse idée que je remettrai plus les pieds ici. Qui me croisera, qui croira tout ça. Petite brise, douce et fine de l'été avec cette fenêtre ouverte, je prends l'autoroute. C'est comme un petit paradis, porter par le vent. Mais je ne croyais pas que l'on finirait comme ça, nous deux et notre histoire, à Delson.
Par:
Astronautes caputt de ce sabotage amoureux.(Titre, texte et bio : Fred / Lignes en anglais : Tori Amos / Image correspondante : Grant_Thomas)